
Les Hollandais Volants
Au diable la pesanteur! Avec une énergie grisante, la compagnie T.R.A.S.H. s’envoie en l‘ air. L’énergie de T.r.a.s.h. ? Un fort courant alternatif.
S’il n’y avait qu’un mot pour definir la compagnie T.R.A.S.H., ce serait énergie. Energie qui vous embringue face à ses jeunes danseurs, comédiens et acrobates ; énergie qui semble devoir consumer leurs personnages mais ne leur crame jamais les ailes. Car ils volent, ou plûtot s’envoient valdinguer, se laissent retourner par leurs camarades en instabilité, se précipitent contre les murs, bondissent, s’écrasent au sol. Pour mieux se relever, Et passer du sourir éclatant au rictus désemparé, sitôt désamorcé par le rire, sardonique ou hystérique.
Tout est dans le contraste pour ce groupe, fondé sur le terreau de la scène rock alternative par la choréographe Kristel van Issum et le compositeur Arthur van der Kuip. La première fait improviser ses interprètes sur des rythmes radicaux à la PJ Harvey, le second écrit de lancinantes partitions tissées de classique et de contemporain qui prendont à contre-pied, en live, le mouvement des corps. A eux deux, ils nous transbahutent, avec Pork-in-Loop et To file for chapter 11, dans une zone sans droits ni lois tout en parois blanches (œuvre du scénographe Paul van Weert). Là, des êtres privés de repères provoquent leurs démons. Avec l’énergie que confère l’espoir d’une rédemption? Entre monologues surréalistes et interjections multilingues, ils se cognent, s’empoignent. Et transfigurent le théâtre d’une société violemment déboussolée, faisant d’un purgatoire un espace exutoire.
Cathy Blisson 27.03.2007
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